Vers une transition écologique juste en bfc
La transition écologique juste désigne une transformation sociétale qui conjugue impératifs environnementaux et justice sociale. Elle vise à répondre de manière équitable aux besoins essentiels de la population, tout en assurant la soutenabilité écologique des modes de vie.
La transition écologique juste repose sur un processus démocratique de co-construction de politiques publiques avec les personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité. Ces dernières sont les plus exposées aux effets du dérèglement climatique (canicules, inondations, précarité énergétique) tout en en étant les moins responsables, leurs modes de vie étant déjà marqués par une sobriété sous contraintes.
A l’échelle nationale, le Secrétariat général à la planification écologiqueLa planification écologique est une démarche de l’État français. Il s’agit d’un plan national associé à des déclinaisons régionales sous la forme de Conférences des parties prenantes (COP) qui visent à répondre au 5 défis environnementaux : • L’atténuation du réchauffement climatique
• L’adaptation aux conséquences inévitables du réchauffement
• La préservation et la restauration de la biodiversité
• La préservation des ressources
• La réduction des pollutions qui impactent la santé
pose la nécessité de planifier une transition écologique juste, notamment au travers des COP régionales.
Dans cette optique, en Bourgogne Franche-Comté, la DREALDREAL : Les directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) sont des services déconcentrés de l’État français, dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de la Cohésion des territoires. Sa mission est de « faire du développement durable une réalité quotidienne » (devise des DREAL). et le « Living lab territorial pour la transition écologique » de la MSH de Dijon
MSH de Dijon : La Maison des Sciences de l’Homme de Dijon fédère 16 laboratoires en sciences humaines et sociales autour des orientations interdisciplinaires de recherche : « Territoire et Patrimoine ». Elle produit et met à leur disposition un ensemble de services, outils et compétences au service de programmes de recherche pluri et interdisciplinaires., en partenariat avec le CEREMA
CEREMA : Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) est un établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques, placé sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. et l’Union nationale du développement local (UNADEL) ont déployé un chantier exploratoire régional « Transition écologique juste » en Bourgogne-Franche-Comté entre 2023 et 2025. Ce chantier est composé de deux volets : un projet de recherche action participative« La recherche action participative n’est pas un cadre homogène d’idées et de méthodes. C’est un ensemble de pratiques d’enquête qui ancrent la connaissance dans l’histoire, l’espace géographique et social. Elle ne se réduit pas à observer et étudier le comportement humain et les opinions des personnes, des groupes humains sur la réalité. Elle vise le changement social en organisant des modalités d’une recherche qui se construit « avec » les personnes et leurs collectifs et non « sur » les personnes et leurs collectifs. Pour monter en généralité, elle recontextualise des problèmes locaux dans une stratégie de transformation sociale à des échelles sociales, spatiales institutionnelles plus grandes. » (Définition du Living lab territorial pour la transition sociale et écologique de Dijon) avec des collectifs citoyens et associatifs ; une communauté apprenante avec des agents et élus de collectivités territoriales.
Un projet de recherche action participative
D’un côté, le Living lab a déployé une démarche de recherche action participative« La recherche action participative n’est pas un cadre homogène d’idées et de méthodes. C’est un ensemble de pratiques d’enquête qui ancrent la connaissance dans l’histoire, l’espace géographique et social. Elle ne se réduit pas à observer et étudier le comportement humain et les opinions des personnes, des groupes humains sur la réalité. Elle vise le changement social en organisant des modalités d’une recherche qui se construit « avec » les personnes et leurs collectifs et non « sur » les personnes et leurs collectifs. Pour monter en généralité, elle recontextualise des problèmes locaux dans une stratégie de transformation sociale à des échelles sociales, spatiales institutionnelles plus grandes. » (Définition du Living lab territorial pour la transition sociale et écologique de Dijon) intitulée PREFIGS (pour Précarité Écologie Futur Imaginaires orGanisations Savoirs). La démarche a reposé sur un consortium partenarial composé de la DREALDREAL : Les directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) sont des services déconcentrés de l’État français, dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de la Cohésion des territoires. Sa mission est de « faire du développement durable une réalité quotidienne » (devise des DREAL)., l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris et les associations Ateliers Nomades, Économie Solidarité Partage, Entreprise à But d’Emploi 58 et In’Terre ActiV. Le projet a été financé pendant deux années par l’ADEME, dans le cadre du programme Transitions Écologiques Économiques et Sociales, la DREAL Bourgogne Franche-Comté, et l’institut Agro Dijon.
Dans ce projet, des collectifs citoyens et associatifs incluant des personnes qui ont l’expérience de la précarité se sont engagés dans une démarche de préfiguration sur quatre territoires bourguignons franc-comtois sur deux ans : Autun, Belfort, Prémery et Tournus. Des citoyens se sont projetés dans une perspective de transition écologique à moyen terme tout en s’organisant pour agir concrètement à court terme sur des sujets comme l’alimentation, la mobilité et la préservation de l’environnement, en lien avec les institutions locales. Ces expérimentations ont permis d’explorer les tensions sociales relatives à l’écologie et les manières de les contourner en vue de faire de la transition écologique juste un référentiel d’action collective.
A l’issue du projet, une journée de restitution régionale a rassemblé 115 participants (institutions régionales, collectivités territoriales, associations, chercheurs, membres des collectifs citoyen PREFIGS, et citoyens intéressés) le 6 mai 2025. Celle-ci a permis de finaliser les productions et de mettre en avant des recommandations d’action publique.

Une communauté apprenante de collectivités
D’un autre côté, la DREALDREAL : Les directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) sont des services déconcentrés de l’État français, dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de la Cohésion des territoires. Sa mission est de « faire du développement durable une réalité quotidienne » (devise des DREAL). BFC et le CEREMA
CEREMA : Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) est un établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques, placé sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales., en partenariat avec l’UNADEL, ont constitué et animé une communauté apprenante de collectivités volontaires composée d’agents et d’élus des communautés de communes du Grand Autunois Morvan, du Clunisois et du Pays Montbéliard Agglomération, de la communauté d’agglomération du Grand Besançon et du Département du territoire de Belfort.
Ici, l’objectif était d’identifier les leviers d’action pour articuler justice sociale et transition écologique dans les politiques publiques locales. Une série d’ateliers participatifs et d’entretiens a permis de croiser diagnostics, expériences de terrain et perspectives d’action. Les collectivités ont également participé à la journée régionale PREFIGS du 6 mai 2025 pour croiser leur enseignements avec les collectifs citoyens et associatifs.
Les nouveaux modes d’action publique à privilégier reposent sur des formations croisées entre acteur du social et de l’écologie, des approches systémiques et multi-acteurs, ainsi que sur la capitalisation des initiatives locales, l’expérimentation et la participation des publics. L’enjeu central est d’accroître la transversalité, la coopération et la co-construction pour articuler efficacement défis environnementaux et justice sociale.
Et dans les territoires ?
Partout en France, des collectivités, des associations, des collectifs citoyens, des chercheurs, des institutions publiques s’emparent de la transition écologique juste. En Bourgogne-Franche-Comté, des projets concrets mis en œuvre par des collectivités illustrent cette dynamique : rénovation énergétique couplée à l’accompagnement social (Besançon), mobilité inclusive en milieu rural (Bertranges, Clunisois), sécurité sociale de l’alimentation (Autunois), développement de ressourceries, de jardins partagés et d’actions culturelles en quartier prioritaire de la politique de la ville (Pays Montbéliard Agglomération, Autunois), ou encore formation des professionnels du médico-social aux « bains de forêt » (Département de Belfort). Ces initiatives, souvent hybrides articulent inclusion sociale et transition écologique par la coopération entre collectivités, structures de l’économie sociale et solidaire, et habitants.
Plus encore, les collectifs citoyens de PREFIGS ont montré comment des enjeux sociaux locaux peuvent s’articuler avec des préoccupations écologiques pour faire émerger des compromis concrets et situés. À Belfort, les discussions dans un quartier populaire ont débouché sur un cap commun autour du « bien vivre », donnant lieu à des actions comme un jardin collectif ou des composteurs. À Autun, la question des déchets a permis de relier le cadre de vie à la biodiversité via un dispositif créatif intitulé la « Forêt magique » de débat sur l’écologie populaire. À Prémery, la lutte contre la précarité mobilitaire a conduit à la mise en place d’un service de covoiturage solidaire, articulant emploi, mobilité et écologie. Enfin, à Tournus, la critique du système d’aide alimentaire a favorisé la création d’un comité local expérimentant une « sécurité sociale de l’alimentation » garantissant l’accès à des produits locaux et de qualité.
Les ressources pour agir à votre tour
Un espace ressources en ligne sur la transition écologique juste a été créé par la DREALDREAL : Les directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) sont des services déconcentrés de l’État français, dépendant du ministère de la Transition écologique et solidaire et du ministère de la Cohésion des territoires. Sa mission est de « faire du développement durable une réalité quotidienne » (devise des DREAL)., le CEREMA
CEREMA : Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) est un établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques, placé sous la double tutelle du ministère de la transition écologique et solidaire et du ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. et l’UNADEL, à destination de toutes celles et ceux qui souhaitent s’inspirer, outiller ou renforcer leurs actions en faveur d’une transition écologique juste. Il met à disposition des outils pratiques, ressources théoriques, retours d’expériences et recommandations méthodologiques, construits à partir des chantiers menés en Bourgogne-Franche-Comté et dans d’autres territoires pilotes en France.


